Friday, July 06, 2007

Une Première: Les Freedom Fries


Vous remarquerez que ce site que nous avons consacré entièrement au Bleu Blanc Rouge ne saurait exister sans que nous puissions y exprimer certaines pensées dans la langue de chez nous.

À ce titre, le FHF vous promet une chronique hebdomadaire en français intitulée Les Freedom Fries. Le Canadien de Montréal, vous concèderez, ça se discute dans les deux langues.

Quoi mieux comme chronique inaugurale que de discuter du snobisme auquel se livre aujourd'hui la plupart de grands joueurs québécois qui, à tour de rôle, lèvent le nez devant la possibilité d'évoluer à Montréal. Certains joueurs ont opté de demeurer au soleil, d'autres ont voulu s'intégrer au sein d'une équipe plus performante que ce que le Canadien semble offrir pour l'heure. La réalité qui trouve un moyen différent de se manifester selon le joueur est toutefois simple et grave. Les joueurs québécois se méfient de l'environnement sportif et personnel que leur offre Montréal. Et quel dommage.

Ken Dryden disait jadis que la ville de Montréal présentait le plus grand avantage naturel pour un joueur de hockey professionnel. Les partisans se chauffent avec tant d'émotion du quotidien de cette équipe. Le Canadien, c'est une habitude de vie, c'est une façon de faire, c'est un conduit à travers lequel jaillit une passion et un amour inconditionnels. Avant cette escalade démesurée des salaires, avant l'égocentrisme de l'athlète qui a su ternir le sport professionnel dans le monde entier, le hockeyeur jouait simplement pour jouer, par conviction, par loyauté, pour l'amour du jeu. Cette impression nous renvoie à Maurice Richard, à Jean Béliveau, à Guy Lafleur, les inconditionnels de Montréal qui y ont laissé tout ce qui remuait en eux. Pour cette raison nous les avons intronisés dans notre imaginaire et dans nos légendes.

Aujourd'hui, c'est fini. Ce qui autrefois offrait tout ce qu'un joueur pouvait demander pour performer dans un contexte passionné et engagé, aujourd'hui tombe selon le joueur, dans l'excès. Aujourd'hui, c'est trop. À Montréal, on s'accroche à nous et on nous suffoque. On nous suit partout d'un oeil presque mesquin. Les médias nous dévorent tels des rapaces, protestera le joueur québécois.

L'environnement naturel de M. Dryden est soudainement devenu une zone hasardeuse, à éviter. Et ceci pour la simple raison qu'ici le partisan exige que le joueur qui endosse le maillot fasse de son mieux. C'est ce à quoi il a été habitué, par les performances de ceux dont les numéros s'entremêlent avec les bannières des Grandes Conquêtes.

Le francophone qui dit non à Montréal quand Bob Gainey lui confie "If you play well here and you win here, they will love you forever, just like they do with players past" proclame en effet qu'il ne souhaite pas s'allier au peuple québécois comme l'ont fait plusieurs avant lui. Les raisons? Les prétextes? Divers, mais insignifiants devant la véracité de la chose: tout ce que Montréal représentait dans la ligue nationale s'est effacé dans l'esprit des joueurs Québécois. Toute la légende sur laquelle s'est édifiée l'histoire de cette équipe est reléguée au passé. La vedette québécoise veut être aimée ailleurs, payée ailleurs, vivre ailleurs. Car tous ces joueurs qui ont eu la chance de renouer avec l'histoire nous ont dit, nous ne sommes ni Maurice Richard, ni Jean Béliveau et nous n'avons aucun désir de l'être.

1 comment:

P Saucier said...

Ça, c'est envoyé! Et très écrit en plus